Test de l’hyperloop, arrivée des navettes autonomes, nous avons déjà vu précédemment que la France est pionnière dans les mobilités de demain. Restons encore une fois chauvins, en parlant d’une autre innovation écologique en termes de transport : les bus à hydrogène.

L’hydrogène au service des transports en commun

Les bus à hydrogène sont des bus électriques qui fonctionnent avec de l’hydrogène sous pression comme énergie. Pour expliquer brièvement son fonctionnement, l’énergie électrique est produite par la pile à combustible à partir de l’énergie dégagée par le mélange d’hydrogène et d’oxygène. Cet hydrogène est stocké dans des bouteilles qui alimentent la pile. Ce dispositif est ainsi placé sur le pavillon du bus.

Bus à hydrogène, schéma
Schéma d’un bus à hydrogène

Selon Air Liquide, le rechargement en hydrogène d’un bus nécessite un peu moins de vingt minutes.

C’est un moyen de transport écologique car il n’émet aucun gaz à effet nocif, seulement de la vapeur d’eau. En effet, l’électrolyse de l’eau n’émet aucune émission polluante. L’hydrogène semble donc être une solution très pertinente pour lutter contre la pollution des transports en commun.

De plus, à l’écologique vient s’ajouter le confort : l’hydrogène, silencieux, ne produit aucun à coup lors des accélérations ou de vibration de moteur et ne nécessite pas, à l’inverse des bus électriques classiques, de s’arrêter au bout de chaque ligne pour être ravitaillé en énergie. Le but du bus à hydrogène est d’avoir une autonomie suffisante pour la journée.

La technologique de l’hydrogène n’en est pas pour autant à ses débuts. En effet, l’industrie utilise ce gaz depuis des dizaines d’années utilisées. Cette utilisation a ainsi permis de connaitre tous les risques et propriétés de ce gaz. L’hydrogène, non toxique, inodore, est un réel atout énergétique car 1 kg de ce gaz est trois fois plus énergétique qu’1 kg d’essence ! Cependant, ce pari écologique a un coût : un bus à hydrogène a un coût estimé de 650 000€ par pièce sans compter les frais de maintenance. Leur production n’est pas assez importante pour faire jouer les économies d’échelle.

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Pau, première ville mondiale à produire l’hydrogène de leurs bus localement

La Ville de Pau s’engage pour la transition énergétique. De ce fait, elle déploiera dans son réseau 8 bus à hydrogène à partir de mi-Décembre 2019. L’agglomération Pau Béarn Pyrénées est, depuis 2015, un « Territoire à énergie positive pour une croissance verte » . Ce projet est en collaboration avec le groupement GNVERT (Engie Group) -VAN HOOL. La mise en service, initialement prévue en septembre 2019, a donc été décalée à cette fin d’année. Cela sera une des premières lignes de bus « zéro émission » de France.

Nous n’allons pas détailler toutes les caractéristiques techniques. Nous pouvons cependant noter leur 300 km d’autonomie, leur moteur silencieux et leur longueur de 19 mètres. Une route dédiée, suite à l’aménagement du territoire urbain, permet leur circulation en toute sécurité.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, inaugurera ce 17 décembre les bus à hydrogène de Pau, baptisés Fébus. En effet, les bus Fébus contribuent à atteindre les objectifs fixés durant la COP21 ainsi que ceux de la loi sur la transition énergétique.

Le bus à hydrogène Fébus déployé à Pau
Le bus Fébus, déployé à Pau

L’hydrogène sera produit sur place, à Pau, dans la station de production et de distribution d’hydrogène, achevée l’été dernier. Il s’agit là d’une première mondiale. Les autres bus à hydrogène français nécessitent au contraire l’acheminent d’hydrogène. Cette combinaison bus fonctionnant à l’hydrogène / station de production et de distribution locale fait donc de Pau la première ville à mettre en place cette alliance. A noter que le projet Fébus, à Pau, a ainsi représenté un investissement de 10 millions d’euros pour les véhicules et de 4,5 millions d’euros pour la station hydrogène.

Des bus à hydrogène français récompensés au niveau international !

Les bus Fébus ont par ailleurs remportés deux prix internationaux lors du Busworld Europe, à Bruxelles, en octobre 2019. Ils y ont ainsi reçu le « Label of Excellence » et le « Grand Award Bus », récompense la plus prestigieuse. Ils étaient en compétition avec une vingtaine d’autobus et autocars, fabriqués dans le monde entier.

Sud Ouest
Crédit Photo : Photo DR

L’année 2020 sera déterminante pour cette technologie car elle signera les premiers retours terrain des usagers. Nul doute cependant que d’autres villes de France vont s’inspirer de ces technologies écologiques et silencieuses. Ainsi, Versailles, Bruay-La-Buissière et Auchel dans le Pas-de-Calais ont eux aussi fait le pari du bus à hydrogène.


1 commentaire

4 usages innovants pour le vélo - uCrowd · 11/02/2020 à 17 h 06 min

[…] l’heure de nouveaux modes de déplacement high-tech (navette autonome, bus à hydrogène…), le vélo reste une des mobilités alternatives profitant le plus de l’innovation […]

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