En pleine 4ème révolution industrielle, l’humain tend à être remplacé dans tous les domaines. Celui du transport n’y échappe pas. Nous avons traité il y a peu des navettes autonomes, aujourd’hui faisons le point sur les taxis autonomes.

 

Qu’est-ce qu’une voiture autonome ?

  Le sujet des voitures autonomes revient régulièrement dans nos actualités depuis 2010. Cependant, faisons un petit rappel sur leur fonctionnement. Une voiture autonome, théoriquement, n’a pas besoin de chauffeur pour amener son passager d’un point A à un point B. Il n’y a pas de pédale, pas de volant, tout cela est remplacé par des capteurs et des lasers qui permettent, grâce aux technologies, à la voiture de se déplacer en interprétant en temps réel toutes les informations qu’elle reçoit. C’est notamment le cas des voitures TESLA.

L’OICA (Organisation Internationale des constructeurs automobiles) a défini une échelle de 0 (pas d’autonomie, on pense ainsi au cheval par exemple) à 5 pour classer les voitures autonomes. Les niveaux 0 à 3 correspondent à des « aides à la conduite ». Les véhicules ont besoin d’un chauffeur mais ils lui facilitent les tâches. Le niveau 4 est aujourd’hui développé dans de nombreux modèles, notamment avec la fonction « se garer entièrement seule ». Enfin, les voitures de niveau 5 sont entièrement autonomes. L’intelligence artificielle peut même outrepasser le conducteur si elle juge un ordre ou une conduite dangereuse.

 

Echelle pour les véhicules autonomes selon l’OICA

L’autonomie est le nouveau mot à la mode dans le domaine du transport. Cependant, nous avions vu que les navettes autonomes ont besoin d’un aménagement spécifique avec des résultats peu concluants. Alors qu’en est-il des taxis autonomes ?

 

Les taxis autonomes principalement testés aux Etats-Unis

  En juillet 2019, les taxis autonomes de Waymo (filière d’Alphabet) ont transporté 6299 passagers sur une distance de plus de 100 000 kilomètres. Cependant, Waymo a fait cette première séance de tests à huis clos. En effet, seuls les employés de Google ou d’Alphabet avaient le droit d’être transportés. De plus, les trajets devaient se situer uniquement dans la banlieue au sud de la baie de San Francisco. Toutefois, les taxis autonomes, en test, proposaient des trajets gratuits afin d’avoir un maximum d’informations et de trajets à analyser. En 2018, Waymo a agrandi sa flotte de véhicules (20 000 SUV initials commandés à Jaguar) avec une commande de 62 000 vans à Fiat Chrysler. Cela place cette entreprise comme le leader en nombre de véhicules autonomes dans sa flotte (82 000 taxis autonomes).

  

Dépôt des taxis autonomes Waymo

Flotte de taxis autonomes Waymo
  

  Les taxis autonomes ont le vent en poupe. Ainsi, plus de 60 entreprises ont obtenu dans l’état de Californie l’autorisation pour tester leurs véhicules autonomes. Ce permis permet de faire des essais de jour et de nuit sur les voies urbaines, rurales et à grande vitesse, tant que la vitesse reste inférieure à 100 km/h. Cependant, seules 4 entreprises peuvent actuellement transporter des passagers : AutoX, Pony.ai, Zoox et Waymo. Waymo est la seule à avoir réaliser des tests à grande échelle (aucun pour Pony.ai et AutoX, seulement 70 trajets pour Zoox).

  En France, les taxis autonomes ne sont pas encore autorisés sur les routes. Depuis le 3 août 2016, une ordonnance autorise « la circulation à des fins expérimentales d’un véhicule à délégation partielle ou totale de conduite sur une voie ouverte à la circulation publique ». De plus, dans l’hexagone, les taxis autonomes sont majoritairement des navettes autonomes. Les expérimentations faites sur ces dernières vont donc faire -ou non- évoluer la loi et les technologies liées à leur usage.

  Cependant, dans d’autres pays, les taxis autonomes sont un réel enjeu financier. C’est notamment le cas pour le Japon. En effet, le constructeur Nissan réalise les premiers tests en condition réelle (Yokohama – Tokyo) avec comme objectif de pouvoir commercialiser ces taxis autonomes, « Easy Ride » pour les Jeux Olympiques qui s’y tiendront en 2020.

  

Une commercialisation des taxis autonomes prévue à partir de 2020

  En parlant de commercialisation, la plupart des constructeurs prévoient de lancer leur flotte entre 2020 et 2022. En France, PSA et Renault mènent la danse. Cependant, les technologies déployées pour les véhicules autonomes ne sont pas toutes au point. De plus, il y a une vraie crainte des usagers à favoriser ce type de transport. Différents accidents, certains mortels, liés à des véhicules autonomes sont responsables de cette frayeur.

  De plus, un taxi autonome entraîne des questions éthiques et sociales : fin de l’utilité des chauffeurs, concurrence déloyale contre les taxis qui ont payé une licence chère, responsabilité en cas d’accident et bien d’autres sujets qui aujourd’hui divisent.

  Cela n’empêche pas pour autant Uber de s’être intéressé au développement des taxis autonomes.

taxi autonome Uber

Un taxi autonome présenté par Uber

  Il y a peu, le géant du transport a été attaqué par Waymo pour vol de secrets industriels. Un accord à l’amiable à 245 millions de dollars a clôturé le sujet. En plus de cette somme, Uber a investi 900 millions de dollars dans ce projet, soit environ 20 millions de dollars par mois depuis plusieurs années. Pourtant, Uber peine à avoir une flotte opérationnelle.  L’objectif fixé en 2016 était de 75 000 taxis autonomes dans les rues de 13 villes mondiales d’ici à 2022. Cela semble fortement compromis.

  

Le remplacement de l’homme par la machine, un débat sociétal

  La question des taxis -et navettes- autonomes divise. D’un côté, cela met en danger les chauffeurs et rend l’humain encore plus « assisté ». De l’autre, cela diminue les coûts de service de transport et permet ainsi un accès à la mobilité favorisé, même dans les zones les moins desservies. Alors réelle avancée sociétale ou recherche du profit au détriment de l’homme ? Nous le saurons dans quelques années.


1 commentaire

S'Cool Bus, le vélo comme transport en commun - uCrowd · 16/01/2020 à 13 h 51 min

[…] les mobilité de demain, la plupart considérées comme des avancées technologiques importantes (taxis autonomes, hyperloop…). Mais si nous revenions à la base du déplacement ? Certes non pas le […]

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